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Trip

[Cette entrée est régulièrement mise à jour.]

Départ de chez moi dans les environs de 7h du matin. Ma propriétaire, à qui j’ai payé le loyer le jour d’avant, donc avec une dizaine de jours de retard comme à l’habitude, m’a proposé de m’amener à Aix, où j’ai rendez-vous. J’accepte bien volontiers.
Arrivé sur place, j’attends un petit quart d’heure devant l’université. Une sorte de clodo vient me tchatcher, me parle de tout et de rien, que la France est foutue, etc… Je reste stoïque et attend bravement.
Heureusement les filles arrivent en voiture. J’embarque, direction l’aéroport. Ralliement de tous les camarades de l’aventure canadienne.

Avion, Marseille Marignane ==> Londres Gatwick.A côté de moi dans l’avion, L., qui apprend de la culture générale dans un livre “L’étudiant”.
Bus de Gatwick à Heathrow, chiant.

Arrivé à l’aéroport international londonien, tout le monde traîne dans le duty free. Je lorgne sur quelques lecteurs mp3, d’autres achètent des cigarettes, forment des réserves pour le trip.
Mangeons dans une sorte de cafétéria. Une pizza. Je parle avec T. de politique, je trouve mes positions extrêmes, ça risque de faire peur, mais surtout je n’ai pas envie de partir dans d’interminables polémiques, explications, d’autant plus le premier jour du voyage. Puis parler politique, c’est chiant.

Avion pour Toronto. Je découvre la technologie aérienne de nos jours. TV dans le siège, une vingtaine de chaînes, films d’actualité en boucle, séries, sport… Plus la radio. J’aime. Je lis American Psycho, j’essaie Peikoff. Je tente de dormir. Le vin est bon, il fait froid.
Vers la fin du vol, il faut qu’un mioche donne des envies de meurtre à l’avion entier, tellement le braillard s’en donne à coeur joie. Il continuera même dans l’aéroport.
A la douane, Gab a la bonne idée de prendre des photos. Immédiatement un contrôleur le prend à partie et lui enjoint de supprimer ses clichés. Notre camarade bulgare, et non pas roumain, donc non UE, a quelques difficulltés pour recevoir l’autorisation, mais au final il est accepté sur le sol canadien. Ouf.

Parking. Voitures énormes, luxueuses pour la plupart. Je les regarde en me disant que décidément, il y a quelque chose qui cloche. Je pense aux Twingo.

De l’aéroport en ville, grandes autoroutes pas mal de circulation. Je suis assez dans le pâté, je ne réalise pas très bien.
Je me laisse aller, j’attends que les autres se débrouillent pour trouver le chemin jusqu’à l’auberge. Finalement, ce sera ainsi pendant tout le voyage,ce qui est cool.
Nous faisons un petit tour downtown en voiture avant de trouver, ce qui est cool aussi.

Arrivée à l’auberge. Récupération des clefs, installation dans la chambre.
19h environ.
On sort se restaurer. Il commence à faire nuit. Pas grand chose d’ouvert. Nous trouvons un Bâton Rouge, nous sommes tout le groupe (12 je crois). Nous mangeons bien, pas trop cher. Copieux. Cool.
Lendemain. Nous avons la journée à nous, seulement un rdv officiel à rdv.
Dommage que A. arrive avec une heure de retard au rdv fixé. Partons en touristes downtown, bcp de photos prises des buildings.
Mangé me souviens plus où. Possiblement un hot-dog près des quais, mais je dois confondre. Cool quand même.

La visite du cabinet d’avocats est mémorable. Cela se passe au 42ème étage environ d’un building énorme (le violet design, si vous connaissez).
Nous sommes, avec L. toujours, très bien accueillis. Nous mangeons très bien. Tout payé par le cabinet.
Lors du repas avec des gens du cab’, je ne parle pas beaucoup, je suis un peu dans les vapes, c’est dommage. D’un autre côté, je n’ai plus gand chose à dire, et ce genre de repas est le bon moment pour les banalités. Et ca fait une semaine que j’en soupe. Je voudrais parler un peu de libéralisme, la place de l’état au Canada, etc… Mais les gens sont peu intéressés par ce genre de choses. Tous les gens ici tiennent à leur protection sociale, ils en sont fiers, car cela les distingue du grand méchant Loup voisin, le grand satan, où les gens sont individualistes et n’aiment pas les autres.

Les matchs de Base-ball sont incroyables.
Le premier a lieu le dimanche après-midi, sous un soleil incroyable, il oppose les Blue Jays, équipe locale, et les White Sox de Chicago, qui finalement finiront la saison vainqueurs des World Séries. Les Sox gagnent largement. Les Jays ne sont pas bien classés dans la ligue, et sont victimes d’un manque de popularité dans la ville, surtout en comparaison du début des 90’s, où ils ont gagné deux Séries.
Le match se passe tranquillement. Je le passe à expliquer les règles du jeu à mes camarades, que personne ne connaît. Ce n’est pas une sinécure. On me remercie tout de même, à la fin du match, de mes efforts pédagogiques.
La fin du match est perturbée par un grave accident pour un joueur, lors d’un slide en seconde base. Le coureur s’est pris le genoux du défenseur dans la tête. Il ne bouge pas pendant de longues minutes, nous le croyons mort. Le jour de la fête des mères. Finalement un tracteur-civière vient le chercher. Nous apprendrons le lendemain qu’il s’en est sorti, mais que sa carrière est compromise.
A noter une demande de mariage publique, lors d’un time-out.

Second match.
Seuls quatre d’entre nous peuvent y assister, en bénéficiant de places V.I.P. gracieusement distribuées par un des cabinet d’avocats nous accueillant.
Je suis évidemment de la partie, étant le conseiller technique, et ayant la plus grosse envie d’y assister.
Nous sommes incroyablement placés, proches. Un rêve. Nous nous gavons de pop-corn et de pizzas. Le stade est vide, comme la fois dernière, c’est dommage.
Le match oppose les Jays à l’équipe de Kansas City, dont j’ai oublié le nom à l’instant présent.
Bien que mal partis dans le match, les Jays se reprennent et finissent par l’emporter. Le public remue péniblement vers la fin.
Un des meilleurs souvenirs du séjour.
Nous rentrons en taxi, paisibles. Enfin, je crois.

Le mercredi, celui vers la fin du trip, j’aime beaucoup. Disons, à partir de 12h.
Avant ça, quelques conférences peu intéressantes.
Puis vient le tour d’un économiste que je qualifierais de néo-classique. Il nous fait je crois un topo de la mondialisation, mais surtout à la fin il dit que Keynes est un con. J’aime aussi la réaction de Chuck, anti-protectionniste, qui explique qu’il ne voit pas pourquoi un enfant mal-aisé devrait payer plus cher son vélo pour préserver une industrie moribonde. ::up::

Enfin, bon, à la fin de tout ce cirque, je sors et il fait très froid.
Je vais faire du shopping, et trouver du fil de pêche à mouche pour des zamis français, car il paraît qu’ici ce genre de matériel est peu cher.
D’accord. Je passe d’abord dans un magasin de sport m’acheter une casquette des Chicago Cubs, club de base-ball que j’aime beaucoup. Je cherche ensuite le fil.
Je suis dirigé par des commerçants vers un lieu perdu, au fond de Yong Street, dans une sorte de Bricomarché-magasin de pêche. Le long de la rue qui est très longue je m’arrête de temps en temps demander où se trouve ce magasin. C’est très marrant.
Au fur et à mesure que je marche, les buildings du Downtown se transforment en immeubles de taille “à la française”, accueillant des commerces classiques. J’imagine à présent Béatrix Kidow qui voulait tenir ce genre de boutique, mais dans le Nouveau-Mexique, avec son nouveau boyfriend. Mais Bill en a décidé autrement et a fait quelque peu échouer le mariage.
Après cet évènement malheureux, Black Mamba (alias Beatrix Kidow) se venge et tue le gang des vipère assassines, un membre après l’autre.

Bref, je continue mon chemin. Ca fait maintenant trois heures que je marche dans le froid, et j’ai mal aux pieds, ce qui est fort pénible ma foi.
Je traîne dans la rue. Je suis frappé par la diversité des cultures de cette ville.
Je trouve finalement le Mr Bricolage local. Je rentre et vais directement au rayon pêche. De mon oeil supersonique j’aperçois rapidement qu’il est peu achalandé. Cela est confirmé par le vendeur qui effectivement me dit qu’il n’a pas l’article recherché en stock.
Il me dit d’essayer en dehors de Toronto. Je dis OK.

[Retour en Métro]

La fin du trip se déroule in the wild (c’est à dire dans la nature). Nous habitons de petits chalets en bois. Inutile de dire qu’il fait très froid, même pour un mois de mai. Le permier soir nous mangeons des chamallows autour d’un grand feu. Chuck joue de la guitare. Je trippe.
Je réalise que les chamallows, c’est pas bon grillé.

Il nous en reste plein pour les jours suivants. C’est très marrant d’aller piocher dans le saladier, de temps en temps, pour en gober un.
Les filles sont charmantes, elles font à manger et me fournissent en clopes. Elles sont d’agréable compagnie.

Je continue à chercher du fil de pêche à mouche pour des amis français, car ici c’est paraît-il peu cher. Mais je ne trouve pas, même dans la petite boutique à côté du camp.
Les vendeurs sont serviables. Ils me disent que je peux trouver trouver du fil à Toronto. Ca tombe bien je n’y retourne pas.
Le magasin à côté est ouvert aux quatre vents, il n’y a personne dedans pour le garder. Cool.
L’après-midi, jeudi il me semble, que faisons-nous?
Je ne me souviens pas bien.
Peu importe.

Retour

Le fait est que le retour est fatiguant. Dans l’avion, je n’arrive pas à dormir et je bois des bouteilles de vin pour me réchauffer.
A Heathrow, mon chemin se sépare de mes camarades. Ils rentrent par le vol du matin à Marseille, alors que le mien est à 18H.
Inutile de dire que l’attente est interminable. Je lis American Psycho, je mange quelques misérables chips. Je n’ai plus d’argent, comme sur mon compte en banque, en fait.
L’été sera d’ailleurs sans le sou, tout payé en juillet au Luxembourg, puis en augmentant dangereusement mon découvert en août.
Donc, pendant l’attente je parle à une américaine qui revient de vacances à Barcelone, elle est étudiante en comptabilité en Floride, vers Tampa Bay.
Elle est sympa.
Les gens à côté sont un peu nuls, je dois dire.
Au Duty Free je flane dans les luxueuses boutiques, et je me dis que j’aimerais bien avoir beaucoup d’argent.

(suite…)