OPA sur le libéralisme

J’avais déjà remarqué une certaine tendance chez les socialistes modérés à vouloir concilier socialisme et libéralisme.
Bertrand Delanoë a récemment remis le couvert dans son nouveau livre.
Il y pointe d’ailleurs, à juste titre, les travers bonapartistes de notre président, qui n’a selon lui, rien de libéral. Enfin, peu importe.

Revendiquant l’importance de l’impôt et la place de l’État, il nuance : «Ce qui est inacceptable pour un progressiste, c’est de hisser le libéralisme au rang de fondement économique et même sociétal avec ses corollaires, désengagement de l’État et laisser-faire économique.»

Le maire de Paris dans la droite ligne blairiste. Utilisation du “libéralisme” pour séduire bobos et jeunes actifs. Il n’a pas tort, quand je vois le nombre de gars sur facebook se déclarant libéraux et passant néanmoins leurs journées au foyer social municipal. Le libéralisme est devenu tristement branché et tendance. Ils n’en retiennent que le côté libertaire, fumette et compagnie.
Ensuite, Delanoë a bien compris que seul un marché concurrentiel pouvait faire subsister une société étatisée telle qu’il la souhaite sans s’en cacher. Dans une vision purement utilitariste, il accepte juste ce qu’il faut de liberté – surtout sur le marché du travail – pour pouvoir financer ses folies dirigistes, un assistanat de masse, une déresponsabilisation généralisée. Comme nous le constatons en Grande Bretagne, cela donne une société économiquement dynamique mais socialement à la ramasse, culturellemment appauvrie, dépendante donc de politiciens tels que Bertrand Delanoë et sa clique d’esclavagistes.

Il se pourrait que quelques libéraux centristes se réjouissent de cette sortie, qui signifierait selon eux la fin de l’ostracisme du “libéralisme”. Pourtant, ces socialistes, en fin stratèges, ne font que se réapproprier ce mot à fin électoraliste, et, surtout, ils en dénaturent complètement le concept.
Je ne vois vraiment pas en quoi il faudrait s’en féliciter.

Rajout: Vincent Benard explique très bien dans un long article cet esclavagisme masqué:

La liberté selon Delanoë sert donc à créer des richesses pour que l’état puisse les prendre ! Le “libéralisme” de M. Delanoë est donc avant tout un utilitarisme : le libéralisme économique n’est dans cette perspective utile que parce qu’il permet à l’état de se servir une part dans un gâteau plus gros…

Il précise aussi dans l’article la différence entre laisser-faire et laissez-faire, que j’ai aussi évoqué dans le billet suivant.

Hilarité et Lutte des classes

Jean-Luc Mélenchon s’est qualifié tout à l’heure de philosophe stoïcien. Oui. Vous ne rêvez pas. Cétait dans l’émission N’ayons pas peur des mots sur I-télé. Et certes, il n’a pas peur, le bougre. Pour oser, il ose. J’hésite entre le fou rire et l’abandon total du suivi du débat médiatique. L’autisme, voilà l’alternative au socialisme.

Tiens, en parlant de socialisme, ce qui est bien avec lui, c’est la constance: son échec est cuisant dans absolument tous les domaines. Et cet échec devient d’autant plus visible quand il achoppe avec un système libre concurrentiel.
Même pour le football.
J’entends avec amusement les commentateurs sportifs d’On refait le match sur LCI (il leur arrive de parler foot entre deux oraisons sur la lutte des classes) qui rêvent inlassablement de voir un club français gagner un trophée européen; mais tout en enchaînant les diatribes sur le football à deux vitesses et l’argent pourri, dans un pays où les clubs sont hautement pénalisés par les règlementations et charges diverses. Ils croient encore que le collectif et un peu beaucoup de bonne volonté suffira pour produire du football citoyen fraternel et solidaire. Quelqu’un doit se dévouer pour leur dire: Ca ne marche pas comme ça.
C’est l’écueil de la réalité. N’en déplaise aux schizophrènes Gilles Verdez (Le Parisien) et Claude Askolovitch (Le Nouvel Observateur).

Voilà, c’était ma diatribe du jour.

Novlangue socialiste

angsoc


Ségolène Royal featuring Jack Lang
(Politiquement Show – LCI)