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Temps sarkozystes

Notre religion de la cinquième République française est fondée sur un calendrier quinquennal à dates fixes, dont les plus importantes sont la fête nationale du 14 juillet et les élections de début mai.
Le concile sarkozyste, actuellement en cours, vient d’instituer une nouvelle messe: la conférence de presse trois fois par an. Elle répond à un besoin impératif de type médiatique, tel, cas d’école, une baisse de popularité.

Le calendrier républicain est cyclique, quinquennal depuis l’an 2000, mais il est aussi linéraire à tendance descendante perverse, en ce qu’il s’enfonce toujours plus dans le communisme réel et la dictature, sous couvert de social-démocratie.
Néanmoins, le caractère linéaire parait ne pas être illimité: La survenance de crises sociales, émeutes, rébellions, à échéance irrégulière, semble soumettre le calendrier républicain à la Loi d’escalade éristique.

La date la plus importante du calendrier dans sa modalité linéaire descendante est le 1er janvier de chaque année. C’est la période habituelle où se mettent en place les politiques de type communistes, hygiénistes, limitatrices de la liberté de l’individu. Les meilleurs exemples en sont les interdictions de fumer dans les lieux publics, augmentations du prix du tabac, ou les mesures restrictives de prévention routière.

Le calendrier n’est pas rigide. Il s’adapte à la conjoncture. En cela, il est un pragmatisme. Des messes uniques où le Président intervient et parle, commandées par l’actualité immédiate, peuvent être décidées pour faire face à des difficultés non prévues. Leur forme est soumise à variations. Conférence de presse géante comme celle de ce matin, discours unilatéral, interview sur plateau télévisé, débats avec quelques journalistes dans son bureau.

Le sarkozysme ne sera pas un humanisme

De tous mes congénères, les plus bêtes sont certainement les Sarkozystes. Tout du moins, les plus pitoyables.
A deux reprises dans le passé, en 95 et 2002, les gens de droite ont voté contre la gauche, et se sont fait copieusement avoir, se retrouvant avec des politiques socialistes.
En 2007, un nombre incalculable de faits objectifs et réels, étayés éventuellement dans les journaux, leur prouvent, comme 1 et 1 font 2, que le même phénomène se produit, et qu’ils vont l’avoir, une troisième fois, en travers de la gorge. Ceci, chaque jour que Dieu fait.
Mais, cette fois-ci, les choses se passent différemment; la prise de conscience ne vient pas: Les sarkozystes ont atteint un seuil d’acceptation de cocufiage simplement insurmontable. Ils ne peuvent plus avouer qu’ils se sont trompé. La honte de s’être fait prendre pour une bille une enième fois serait trop forte.
C’est pourquoi ils parlent. Tout le temps, comme leur gourou (car c’est à une croyance quasi-métaphysique que nous avons affaire en l’occurrence). Dans chacune de leurs paroles, il y a cette volonté si forte de se convaincre soi-même qu’ils ont fait le bon choix, que le Hongrois fait bouger les choses, que les réformes ne peuvent être réalisées en un coup de cuillère à pot, que cela prendra du temps. Qu’il faut donc lui donner du crédit.

Ce serait, fin du fin, parce que le Hongrois est si talentueux tacticien, et intelligent, que ses lois de réforme ne contiennent aucune réforme. Ce serait pour tromper ses adversaires. Oui, il est vraiment très fort.

Les sarkozystes nous disent aussi que leur Nicolas, lui, il est bien, car, contrairement à ses prédécesseurs à l’Elysée, il bouge, il avance, et les choses changent. C’est vrai que choisir Eurodisney pour lieu de rdv pour une date, ça dénote.

Comme les faits sont têtus, cela n’est certes pas facile tous les jours d’être sarkozyste. Les déceptions s’enchaînent inlassablement, sans que l’on ne puisse rien y faire, et, à chaque fois, le moral  en prend un coup. Oui, Kadhafi accueilli comme un roi à Paris, ça doit faire mal au postérieur.
Heureusement, le cirque médiatique est bien ficelé. A échéance constante, le Président apparait en direct, sur un plateau télévisé ou interrogé par plusieurs journalistes. C’est là qu’il est le meilleur, et son baratin efficace.
La formule est simple: parler sans ambage, faire appel au bon sens commun, en posant des questions enfantines à soi-même, pour pouvoir y répondre de manière évidente. Et cela marche parfaitement.

J’ai envie de paraphraser Marcel Gauchet pour finir. Selon lui (Le Figaro magazine d’il y a quelques semaines), le Hongrois serait, en terme de compétence et de stature, le dernier recours de la France avant faillite, et, s’il échouait, une grave crise morale et identitaire secouerait la France [enfin, la secouerait plus que d'habitude], le peuple ne sachant plus vers qui se tourner [et, doté d'une culture économique tellement nullissime qu'il ne comprendrait pas les causes de leurs problèmes].

Qui vivra verra. Je rejoins la note de Blueberry – dont les tenants et aboutissants ont déjà été abordés sur ce blog – quant aux conclusions à prendre envers le peuple de France.

Nicolas Sarkozy est élu Président de la République

J’ai acquis une certaine indépendance vis à vis du corps social et de la société, comme si tous les afflux d’informations néfastes quotidiennes du monde avaient eu raison de mon attachement à la politique. Je la suis à présent comme un spectateur à un combat de gladiateurs. L’engouement pour le vote et la démocratie a été assez extraordinaire ces dernières semaines, les gens adorent toujours autant que leurs maîtres leur demandent leur avis. Moi je dis juste que ceux-ci n’ont pas besoin de notre avis pour gouverner, ils doivent faire preuve d’honnêteté envers le peuple en stoppant le processus démocrate et affirmer leur pouvoir absolu sur la grouillante masse. La démocratie est vraiment un système méprisant pour le citoyen. Je me sens bien plus acteur de la société quand j’achète un Macintosh plutôt qu’un vulgaire PC qu’en allant voter tous les cinq ans.
Je suis de plus en plus fatigué par la politique, ce jeu traditionnel et par l’action médiatique, maintenant relayée sur le net. Au moins là, on peut choisir ses sources, et se délecter de photos de mannequins déshabillés.

Je ne crois pas vraiment en Sarkozy. En tout cas pas assez pour lui signer un chèque en blanc. Je jugerai son action quand il aura les syndicats et la banlieue dans la rue. Et ce que j’ai vu pendant cinq ans n’annonce pas grand chose d’intéressant à ce niveau, même s’il n’était que (sic) ministre d’État, il a pris parti contre le CPE et Galouzeau de Villepin, ce dont il aurait pu alors s’abstenir de faire.
C’est bien triste. Les gens ont voté Sarkozy pour de bonnes raisons, pour le kärcher, moins d’impôts, son côté modérément libéral, en se fiant à cette image de dur à cuire prêt aux réformes. Tout cela contredisant et ses actions passées aux affaires, et son programme protectionniste interventionniste, et, ne l’espérons tout de même pas, son action future.
Tous ces efforts pour lisser l’image de Bushiste ne sert qu’aux gauchistes, aux élites parisiennes et médiatiques qu’il doit se mettre dans la poche pour assurer un minimum de paix sociale, qui ne durera pas. Mais son électorat de droite n’en a cure. Il aurait très bien pu se passer de son grand écart idéologique et aurait ainsi réalisé des résultats électoraux aussi bons, en restant ainsi clair sur ses promesses de réforme. Le preuve que sa posture gauchiste n’a servi à rien est l’émergence de Bayrou en tant qu’alternative au “nouveau tyran”.

Les gens ont voté pour une illusion, un fantasme qui ne se produira pas. Le contraste entre la réalité, ce que Sarkozy propose concrètement, et son image, ce qu’il représente, est absolument saisissant. Il paraît avoir hypnotisé ses partisans.
Une démonstration très rigolote en est la réaction de Loïc Le Meur d’aujourd’hui. Il finit son billet par un « Je rêve que la France parle moins de protection que de création. J’ai confiance en toi. » qui contredit absolument et clairement le discours de son candidat avide de « protéger tous les français », répété à toutes les sauces, tant et si bien qu’il va tenter de convaincre ses partenaires européens de faire de même.
Quand Sarkozy pense à “État fort”, il ne pense pas à “État de droit” et indépendance dans les affaires économiques du pays. Remember Alstom.

Le résultat de l’action sarkozyste pour la France sera mitigé, nous avons l’habitude, et sera surtout dévastateur pour la droite à l’horizon 2012. Si Sarko le soi-disant libéral, le droitier de la droite, ne présente pas d’alternative réformatrice, que vont alors faire ses électeurs ? Ils trouveront certainement alors leur salut dans un nouveau gogo à suivre.
Le FN est dévasté, il ne se relèvera pas de sitôt, et bientôt vont arriver les luttes intestines.
Qui vivra verra.