Nicolas Sarkozy est élu Président de la République
J’ai acquis une certaine indépendance vis à vis du corps social et de la société, comme si tous les afflux d’informations néfastes quotidiennes du monde avaient eu raison de mon attachement à la politique. Je la suis à présent comme un spectateur à un combat de gladiateurs. L’engouement pour le vote et la démocratie a été assez extraordinaire ces dernières semaines, les gens adorent toujours autant que leurs maîtres leur demandent leur avis. Moi je dis juste que ceux-ci n’ont pas besoin de notre avis pour gouverner, ils doivent faire preuve d’honnêteté envers le peuple en stoppant le processus démocrate et affirmer leur pouvoir absolu sur la grouillante masse. La démocratie est vraiment un système méprisant pour le citoyen. Je me sens bien plus acteur de la société quand j’achète un Macintosh plutôt qu’un vulgaire PC qu’en allant voter tous les cinq ans.
Je suis de plus en plus fatigué par la politique, ce jeu traditionnel et par l’action médiatique, maintenant relayée sur le net. Au moins là, on peut choisir ses sources, et se délecter de photos de mannequins déshabillés.
Je ne crois pas vraiment en Sarkozy. En tout cas pas assez pour lui signer un chèque en blanc. Je jugerai son action quand il aura les syndicats et la banlieue dans la rue. Et ce que j’ai vu pendant cinq ans n’annonce pas grand chose d’intéressant à ce niveau, même s’il n’était que (sic) ministre d’État, il a pris parti contre le CPE et Galouzeau de Villepin, ce dont il aurait pu alors s’abstenir de faire.
C’est bien triste. Les gens ont voté Sarkozy pour de bonnes raisons, pour le kärcher, moins d’impôts, son côté modérément libéral, en se fiant à cette image de dur à cuire prêt aux réformes. Tout cela contredisant et ses actions passées aux affaires, et son programme protectionniste interventionniste, et, ne l’espérons tout de même pas, son action future.
Tous ces efforts pour lisser l’image de Bushiste ne sert qu’aux gauchistes, aux élites parisiennes et médiatiques qu’il doit se mettre dans la poche pour assurer un minimum de paix sociale, qui ne durera pas. Mais son électorat de droite n’en a cure. Il aurait très bien pu se passer de son grand écart idéologique et aurait ainsi réalisé des résultats électoraux aussi bons, en restant ainsi clair sur ses promesses de réforme. Le preuve que sa posture gauchiste n’a servi à rien est l’émergence de Bayrou en tant qu’alternative au “nouveau tyran”.
Les gens ont voté pour une illusion, un fantasme qui ne se produira pas. Le contraste entre la réalité, ce que Sarkozy propose concrètement, et son image, ce qu’il représente, est absolument saisissant. Il paraît avoir hypnotisé ses partisans.
Une démonstration très rigolote en est la réaction de Loïc Le Meur d’aujourd’hui. Il finit son billet par un « Je rêve que la France parle moins de protection que de création. J’ai confiance en toi. » qui contredit absolument et clairement le discours de son candidat avide de « protéger tous les français », répété à toutes les sauces, tant et si bien qu’il va tenter de convaincre ses partenaires européens de faire de même.
Quand Sarkozy pense à “État fort”, il ne pense pas à “État de droit” et indépendance dans les affaires économiques du pays. Remember Alstom.
Le résultat de l’action sarkozyste pour la France sera mitigé, nous avons l’habitude, et sera surtout dévastateur pour la droite à l’horizon 2012. Si Sarko le soi-disant libéral, le droitier de la droite, ne présente pas d’alternative réformatrice, que vont alors faire ses électeurs ? Ils trouveront certainement alors leur salut dans un nouveau gogo à suivre.
Le FN est dévasté, il ne se relèvera pas de sitôt, et bientôt vont arriver les luttes intestines.
Qui vivra verra.







