Lecture masochiste
J’ai de plus en plus de mal avec mes congénères humains. Sentiment facilement appréciable dans mes derniers billets.
Aujourd’hui, et bien je vais continuer ma longue complainte.
J’ai du mal, notamment pour le fait que tant de gens puissent vivre dans des banlieues de grandes villes, et profiter de beaux paysages et de climats agréables que quinze jours – trois semaines par an. Qu’ils acceptent cet état de fait. Et alors qu’ils pourraient faire le contraire.
Depuis peu, je les vois lire Métro tous les matins dans le train, en allant au travail, dans le véritable hyper-centre de la ville.
Je lisais 20 Minutes avec un vague intérêt alors étudiant. C’était léger et divertissant, surtout entre deux cours de droit fiscal.
Mais le Métro londonien n’est pas du tout du même acabit. Il titre sur les meurtres au couteau quotidiens, les procès de terroristes, les scandales hebdomadaires à la BBC, et la vie de Victoria Beckham.
Et les gens lisent ça, tous les jours. Cela doit être une sorte d’automatisme. Mais alors, un automatisme pervers, masochiste. Comme si leur vie inhumaine ne leur suffisait pas, ils devaient nécessairement en rajouter en s’imprégnant cinq jours sur sept des pires malheurs du monde. Si Métro paraissait le week-end, je les soupçonnerais de marcher jusqu’à la gare le samedi, de bon matin, prétextant au conjoint aller acheter un pot de yahourt Onken au Tesco du quartier, pour combler leur manque de nouvelles malsaines.
Pour ma part, comme je n’arrive pas à lire dans le train. j’écoute un peu de musique, essaie de somnoler, et regarde le temps qui passe, en faisant le vide dans ma tête.







