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Effets pervers

Le recrutement en entreprise en France n’échappe bien entendu pas à l’influence dommageable de notre droit social absurde.
Afin de réduire au maximum les risques de tomber sur un mauvais salarié dont elles ne pourront pas se débarrasser sans pertes importantes et procédures coûteuses, les entreprises organisent des processus de sélection totalement hallucinants.

Je ne parle pas de postes à haute responsabilité nécessitant des garanties essentielles. Mais rien que pour un poste d’ouvrier qualifié non cadre, un travail pas excessivement difficile, le processus prend des semaines en suivant des modalités très lourdes.
Les délais entre les entretiens sont interminables. Le moindre rendez-vous laisse passer des semaines entières.
Le choix des candidats, même pour un poste subalterne, doit se réaliser à plusieurs niveaux, par l’entremise de plusieurs responsables. Le supérieur direct, directeur de service, et bien entendu le néfaste DRH.
Plus banal et connu, on vous fait passer des tests de personnalité débiles du genre à cocher des croix dans des cases, où vous définissez votre véritable nature (persévérante, sérieuse, aimable et adaptable).
Ou bien des tests techniques à fin unique d’écrémage, pour bien vous donner l’impression de retourner à l’école.
Il faut répondre à des questions bateau (qualités, défauts) à l’utilité douteuse, comme on peut y inventer n’importe quoi, et surtout le plus gratifiant.

On a envie de démissionner avant même d’avoir commencé à travailler.

Une chose est sûre, toute cette lourdeur explique pourquoi les salariés tiennent à leur job comme à leur vie. L’impression de suivre un recrutement par le mossad, pour un travail pas vraiment révolutionnaire.

En comparaison, je repense à mon embauche en UK, qui a duré exactement une demi-heure, après un rendez-vous donné quatre jours avant. Entretien avec le supérieur direct, pour qu’il vérifie ma compétence. Je lui ai rapidement montré mon travail, expliqué mon cursus; il était content, on a parlé salaire. Serrage de mains, c’était fini.