Le sarkozysme ne sera pas un humanisme
De tous mes congénères, les plus bêtes sont certainement les Sarkozystes. Tout du moins, les plus pitoyables.
A deux reprises dans le passé, en 95 et 2002, les gens de droite ont voté contre la gauche, et se sont fait copieusement avoir, se retrouvant avec des politiques socialistes.
En 2007, un nombre incalculable de faits objectifs et réels, étayés éventuellement dans les journaux, leur prouvent, comme 1 et 1 font 2, que le même phénomène se produit, et qu’ils vont l’avoir, une troisième fois, en travers de la gorge. Ceci, chaque jour que Dieu fait.
Mais, cette fois-ci, les choses se passent différemment; la prise de conscience ne vient pas: Les sarkozystes ont atteint un seuil d’acceptation de cocufiage simplement insurmontable. Ils ne peuvent plus avouer qu’ils se sont trompé. La honte de s’être fait prendre pour une bille une enième fois serait trop forte.
C’est pourquoi ils parlent. Tout le temps, comme leur gourou (car c’est à une croyance quasi-métaphysique que nous avons affaire en l’occurrence). Dans chacune de leurs paroles, il y a cette volonté si forte de se convaincre soi-même qu’ils ont fait le bon choix, que le Hongrois fait bouger les choses, que les réformes ne peuvent être réalisées en un coup de cuillère à pot, que cela prendra du temps. Qu’il faut donc lui donner du crédit.
Ce serait, fin du fin, parce que le Hongrois est si talentueux tacticien, et intelligent, que ses lois de réforme ne contiennent aucune réforme. Ce serait pour tromper ses adversaires. Oui, il est vraiment très fort.
Les sarkozystes nous disent aussi que leur Nicolas, lui, il est bien, car, contrairement à ses prédécesseurs à l’Elysée, il bouge, il avance, et les choses changent. C’est vrai que choisir Eurodisney pour lieu de rdv pour une date, ça dénote.
Comme les faits sont têtus, cela n’est certes pas facile tous les jours d’être sarkozyste. Les déceptions s’enchaînent inlassablement, sans que l’on ne puisse rien y faire, et, à chaque fois, le moral en prend un coup. Oui, Kadhafi accueilli comme un roi à Paris, ça doit faire mal au postérieur.
Heureusement, le cirque médiatique est bien ficelé. A échéance constante, le Président apparait en direct, sur un plateau télévisé ou interrogé par plusieurs journalistes. C’est là qu’il est le meilleur, et son baratin efficace.
La formule est simple: parler sans ambage, faire appel au bon sens commun, en posant des questions enfantines à soi-même, pour pouvoir y répondre de manière évidente. Et cela marche parfaitement.
J’ai envie de paraphraser Marcel Gauchet pour finir. Selon lui (Le Figaro magazine d’il y a quelques semaines), le Hongrois serait, en terme de compétence et de stature, le dernier recours de la France avant faillite, et, s’il échouait, une grave crise morale et identitaire secouerait la France [enfin, la secouerait plus que d'habitude], le peuple ne sachant plus vers qui se tourner [et, doté d'une culture économique tellement nullissime qu'il ne comprendrait pas les causes de leurs problèmes].
Qui vivra verra. Je rejoins la note de Blueberry – dont les tenants et aboutissants ont déjà été abordés sur ce blog – quant aux conclusions à prendre envers le peuple de France.







